Plongez avec Simon dans l’univers de l’hydrographie.
21 octobre 2026
Parcours et Orientation
"Je suis originaire d’Angers. J’y ai obtenu un baccalauréat scientifique avec mention, après un redoublement. Parfois, il faut savoir reculer pour mieux avancer. Ce choix, je l’ai fait avec un objectif clair en tête : intégrer Intechmer.
Quand j’ai découvert le Bachelor Océanographe-Prospecteur, ce qui m’a immédiatement attiré, c’est son côté très concret : l’embarquement, le terrain, l’aventure, le temps passé en mer, mais aussi les périodes de récupération entre les missions.
J’étais clairement plus attiré par l’embarqué appliqué à l’industrie que par la recherche académique."
Mon expérience à Intechmer
" En troisième année, j’ai effectué un stage à l’Historical Nautical Archaeological Foundation (HNAF), une fondation philippine spécialisée dans la recherche sous-marine, notamment sur des épaves historiques comme les galions espagnols.
Durant ce stage, nous avons mené des recherches d’épaves à l’aide de sonars multifaisceaux, de sonars latéraux et de magnétomètres, complétées par de la plongée sur des zones peu profondes.
Nous avons finalement découvert une ancre datant du XVIe siècle, sans retrouver le galion recherché.
C’était un stage exceptionnel, assez rare, et j’ai pleinement conscience de la chance que j’ai eue de vivre cette expérience. Ce type de projet marque durablement un parcours et confirme, très tôt, que l’on est au bon endroit."
Début professionnel et choix du freelance
"Mon premier emploi a été au sein d’une entreprise anglaise spécialisée dans la vente de matériel océanographique pour les professionnels.
Mon rôle consistait à installer les sonars, réaliser les acquisitions et former les équipes afin qu’elles deviennent autonomes.
Cette expérience m’a énormément appris. Elle m’a rendu très autonome et m’a permis de comprendre en profondeur les équipements, leur intégration à bord, leur calibration, mais aussi la réalité opérationnelle des missions.
Elle m’a également permis de développer un solide réseau professionnel et de recroiser de nombreux anciens d’Intechmer.
En 2011, je suis passé freelance. À ce moment-là, la demande était forte et j’avais déjà plusieurs années d’expérience derrière moi. En trois ans, j’avais travaillé sur la mobilisation d’environ 45 bateaux.
J’ai exercé en freelance pendant quinze ans. Cette période m’a offert une grande liberté et un équilibre de vie que je recherchais : environ 100 jours de travail par an, soit quatre mois en mer, le reste du temps étant consacré à ma famille."
Le regard de Simon sur le métier d’hydrographe
Je divise le métier d’hydrographe en trois grandes phases.
1. Installation, mobilisation et calibration
L’hydrographe installe les capteurs sur le bateau : sonars multifaisceaux, sonars latéraux, magnétomètres, entre autres.
La calibration est une étape cruciale. Aujourd’hui, aucun client ne valide une installation ou un navire sans une série de tests rigoureux.
2. Acquisition des données
Dans le métier, on dit souvent « back to boring ». Cette phase peut sembler répétitive : il s’agit de couvrir des lignes, encore et encore, avec les capteurs.
Un navire peut parcourir entre 120 et 160 kilomètres de lignes par jour, 24 heures sur 24.
3. Traitement des données
Chaque ligne est ensuite inspectée par un processeur. Ce métier est d’ailleurs amené à évoluer fortement avec l’arrivée de l’intelligence artificielle.
Ce que j’aime le plus dans ce métier, c’est son aspect multitâche. On peut commencer la journée derrière un ordinateur, puis se retrouver sur le pont, puis réparer un équipement.
Un bon hydrographe est, selon moi, quelqu’un de proactif, curieux, autonome et flexible, prêt à voyager. Il faut savoir s’adapter rapidement et trouver sa place au sein d’équipes pluridisciplinaires."
Des conseils pour les futurs hydrographes
J’insiste souvent sur un point : j’ai eu une vie avant ma carrière, et pourtant j’ai eu – et j’ai encore – une très belle carrière.
Beaucoup pensent que ce métier empêche toute vie sociale, mais ce n’est pas vrai. Il existe de nombreuses alternatives, chacun peut trouver sa place et adapter son rythme.
Et n’oublie jamais le côté collectif. Plus tu donnes à ton équipe et à ton entreprise, plus elle te donnera en retour.
J’ai été chef de mission pendant des années, et cela ne m’a jamais empêché de passer l’aspirateur dans la salle de survey. Ce sont ces détails qui font la solidité d’une équipe.
Faire « l’étape en plus », même en dehors de tes horaires, c’est être là pour l’équipe avant d’être là pour soi. Ce sens du collectif finit toujours par payer.